En chemin, on s'arrête en plein centre de Trujillo, à la maison familiale de Bruno et Paul, pour changer de voiture, et prendre le pick-up rouge de Paul. Seulement, il se trouve qu'aujourd'hui c'est diner de famille, et que dans l'immense garage (adapté à la taille de la maison...), il y a une bonne dizaine de voitures entassées avant celle de Paul. Du coup, on renonce et repartons dans le break de son ami Martin. 20minutes plus tard, nous arrivons à la lagune autour de laquelle se trouvent les dunes. Le cadre est magnifique : montagne de Trujillo au loin, lac paisible, et dunes de sable. On continue à contourner la lagune avec la voiture, quand on se trouve face à un premier problème: le sable. Martin prend un peu d'élan, et on passe. Mais juste après, c'est l'eau qui nous empêche de continuer. On descend de la voiture, et on enlève nos chaussures, portant les planches sous le bras. Nous irons aux dunes à pied.

Et puis, on arrive en bas de la dune. Elle est immense. Et là, à la différence du snowboard, tu n'as pas de tire-fesse ou de télésiège pour te monter en haut de la pente. Là, tu t'y colles façon veille école, en trainant les pieds, en t'enfonçant dans le sable, en t’essoufflant et en transpirant avant même d'avoir atteint la moitié de la dune. Et puis il y a le vent, qui pousse la planche que tu t’efforces de porter sur le côté. Et puis enfin, on est arrivés en haut. La première chose qui nous fait nous assoir est la fatigue, ok. La deuxième est la vue que nous avions sur tout: la lagune, Trujillo, les montagnes, les champs. Et puis, on regarde la pente devant nous, et là, unanimement chez les filles, nous décidons que c'est beaucoup trop pentu pour une première descente. On décide alors de continuer un peu plus loin dans la dune, pour atteindre un endroit où il sera plus facile de commencer.
On le trouve. Delphine essaie tout d'abord assise. Puis Ayse, courageuse, se lance debout. Bon il faut dire qu'à la base, Ayse est une très bonne snowboardeuse, donc elle connait un peu le système. Les deux arrive en vie, du coup, je me dis que moi aussi je peux le faire à peu près sans risques. Cependant les deux se plaignent du fait que les planches ne sont vraiment pas pratiques. Je chausse et je comprends pourquoi. Sur une planche de snowboard normale, tes pieds sont vraiment attachés à la planche. Or, sur une planche de sandboard, tu as juste un scratch qui se ferme sur le dessus de tes chaussures. Autant dire que ton pied ne reste pas longtemps dans l'attache. Mais peu importe je me lance. Et je ne tombe pas. Bon bien évidemment, je ne part pas tout droit comme une dingue non plus, vous me connaissez. Je prends une petite diagonale, et me laisse glisser. Je ne tombe pas c'est l'important! Et puis Lisa nous rejoint. Enfin Martin se lance, et comme c'est un garçon et qu'il veut aller vite tout de suite, il se ramasse et mange le sable.

L'avantage est que nous ne sommes pas en bas de la dune, et que nous n'avons pas à tout remonter. Nous nous sommes tous arrêtés au départ d'une deuxième dune. Mais avant de repartir, on fait une pause photos de groupe. Et puis rebelote, on continue à descendre, en tentant de prendre un peu plus de vitesse. Après quelques autres descentes, nous sommes tous en bas, et il est déjà l'heure de repartir.
On se fait bouffer par les moustiques sur le chemin vers la voiture. Et de nouveau, les filles s'entassent à l'arrière de la voiture, et Bruno va dans le coffre. Il faut savoir que s'entasser dans une voiture relève de l'ordre du normal au Pérou. Il est commun de voir 7 ou 8 personnes dans le même taxi. Un jour j'ai même vu une petite voiture rouler avec 10 personnes dedans (4 à l'avant, 6 sur la banquette arrière). Du coup, se retrouver à 7 dans un break était presque du confort. Cependant, ce à quoi on avait pas pensé c'est que parmi les 7, on était 4 gringas (le terme "gringo" était originellement réservé aux touristes anglophones ayant beaucoup d'argent; il désigne maintenant au Pérou, toute personne blanche), et que la gringa, ça attire le policier parce que ça peut payer de grosses commissions. Du coup, quand on passe une voiture de police, elle nous demande de s'arrêter. Martin s'effectue. Les deux policiers ne sont pas très amicaux. Nous, pourtant, on tente de leur sourire. On sait jamais, ça pourrait les amadouer. Ils demandent les papiers du véhicule, et le permis de conduire de Martin. Et là, Ô surprise, Martin n'a pas son permis. Il se l'est fait voler la semaine passée. Il a fait déclarer la perte, mais évidemment, il n'a pas le papier de déclaration sur lui. Les garçons tentent de négocier, mais les policiers ne veulent rien entendre. On doit les suivre au poste de police. On roule 10 minutes et on arrive. Ils nous font vider la voiture, et Martin rentre dans le commissariat avec eux. Nous, on reste autour, sur la place du quartier, et on sent bizarrement tous les yeux sur nous. Les enfants viennent et restent autour à nous regarder. Il faut dire que ce quartier ne doit pas être le plus fréquenté par les touristes, et qu'on doit être les premières vraies blanches vues par ces personnes. On attend. Ca dure plutôt longtemps. Et puis Martin ressort, blasé. Ils ne veulent pas qu'il reprenne la voiture. Il doit rentrer chez lui, et aller chercher le document, et revenir. Nous, on se sent tous un peu mal pour lui.. Du coup, on s'entasse cette fois dans un taxi, direction Trujillo, puis direction Huanchaco.
Il fait déjà nuit quand nous arrivons. On a 2h pour manger et se remettre de ces aventures, car ce soir, on sort. Ce soir, Paul a réussi à nous mettre sur une liste VIP du plus grand et cher club de Trujillo. Ce soir, on va à Ama.
La suite au prochain épisode...
Bruno ça sonne très Péruvien, je m'attendais à un Conchito^^
RépondreSupprimert'as dû être déçu quand les flics vous ont arrêté...ils t'ont même pas menotté ni mis derrière les barreaux. :)