mercredi 15 juin 2011

Volunteering crazyness

There are some weeks you would love to avoid. Well, this one is one of them.
Im sure my dear little sister is thinking the same at the right moment, as she is starting her end of high school exams this Thursday. But to be honest, not that I am not worried about how well she is going to succeed, the French Baccalauréat is not what has been in my mind these last days.

The thing is that here, people are coming by waves. It also means that they are leaving by waves. And well, this weak is a big one, a full-moon one (yes because on full moon waves are getting bigger - I know what you're thinking "God, she has been hanging around in a surfing town for too long, poor thing!"), a tsunami one. And it is devastating the normal order of our relationships.

Yesterday night, five of my best friends here left town for good, to go travelling, to go home. After all sharing cheap burgers from Pirata in Las Camelias, the goodbye moments were hard. The three belgium boys I was leaving with left our home quite empty, and extremely (too?) quiet. I also had to say goodbye to Melissa, our local Keiko, and my dear and already missed co-worker Juliana. After waving at them for the last time at the corner of our street, Lisa, my last and beloved housemate, looked at me and asked how much money I had with me. I knew exactly what she was feeling like: "20 soles, chocolate cake?". So, we went, drawning our pain and loneliness in chocolate.

But the worth part of it is that the week is not over. Tomorrow, Delphine, my good friend, and travelling-to-Huaraz- mate, is leaving us too, to go back home, to her boyfriend. And Sunday, her two Belgium housemate, Anneleen and Ellen, are leaving Huanchaco for good too after 5 months of volunteering.



So, what now? From these pictures taken for Juliana's last night, only 3 persons remain, out of 11: Anne, Lisa and me. The 3 of us arrived at the same time, in March, in Huanchaco, and we are all leaving in 3 weeks. How are we supposed to spend these 3 weeks??

So, of course this Tsunami wave has taken these people who were making our life in Huanchaco so special, but it has also brought new ones, a new serie of volunteers, nice and full of good intentions. I am sure they are all great and interesting people. But we have three weeks left and initiating the process of getting to know people is long and wearying. Plus, becoming close friends with them means that we would have to say goodbye to people who matters too - the only thing we were thinking to avoid by having all our friends leaving before us.
So, we are wondering: is it worth it? Is it worth trying ? Or should we let go? Be unsocial persons for a while, and work more on our internship reports?

Well, Im not sure I'll be able to make a decision, so I guess the strategy is going to be a classic one: Wait and see.


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Il y a des semaines comme ça que l'on adorerait éviter. Et bien, celle-ci est l'une d'entre elles. Je suis sure que ma chère petite sœur pense la même chose à l'heure actuelle, puisqu'elle commence les écrits du BAC ce Jeudi. Pour être honnête, ce n'est pas que je ne m'intéresse pas à comment elle va tout déchirer, mais le Baccalauréat français n'était pas la première chose qui tournait dans ma tête ces derniers jours.

Le truc c'est que les gens arrivent par vagues. Ça veut dire qu'ils partent aussi par vagues. Or cette semaine, c'est une grosse vague, une vague de pleine lune (oui parce que pendant la pleine lune, les vagues sont plus grosse - je sais ce que vous pensez "la pauvre, ça fait trop longtemps qu'elle traine dans une ville de surfeurs..."), une vague de tsunami. Et, elle dévaste l'ordre normal de nos relations.

Hier soir, cinq de mes meilleurs amis ici ont quitté la ville pour de bon, pour aller voyager, pour rentrer chez eux. Après que l'on ait tous partagé des burgers pas cher de chez Pirata à Las Camélias (ma maison), le moment des adieux fut difficile. Les trois belges avec qui je vivais laissèrent la maison bien vide et extrêmement (trop?) silencieuse. Je du aussi dire au revoir à Melissa, notre Keiko (candidate aux présidentielles péruvienne dont la ressemblance avec Melissa est frappante) locale, et ma chère collègue de travail Juliana. Après leur avoir fait nos derniers signes de la main à l'angle de notre rue, Lisa, ma dernière et bien aimée colloc me demanda combien d'argent j'avais sur moi. Je savais exactement ce dont elle avait envie: "20 soles, gâteau au chocolat?".Donc, on y alla, noyant notre tristesse et notre solitude dans le chocolat.

Mais le pire dans tout ça, c'est que la semaine n'est pas finie. Demain, Delphine ma bonne copine avec qui j'ai partagé un cool week-end à Huaraz, s'en va pour rentrer en Belgique. Et Dimanche, ces deux collocs quittent elles aussi Huanchaco pour de bon, après 5 mois de volontariat acharné.



Donc maintenant, il se passe quoi? De ces photos que l'on a prise pour la dernière soirée de Juliana, seulement 3 sur 11 personnes restent: Anne, Lisa et moi. Nous sommes toutes les trois arrivées au même moment, en Mars, à Huanchaco, et nous partons toutes les trois aussi dans 3 semaines. Mais on est sensées les passer comment ces trois semaines?

Donc, bien sur cette vague de tsunami a pris avec elle les personnes que rendaient notre vie à Huanchaco si spéciale, mais elle en a aussi amené de nouvelles, une nouvelle série de volontaires, gentils et pleins de bonnes intentions. Je suis certaines qu'ils sont tous géniaux et intéressant. Mais, on a trois semaines, et entamer le processus de connaissance des personnes est long et fatiguant. De plus, en devenant bon amis avec eux, nous aurions à dire au revoir à des personnes qui comptent pour nous lors de notre départ, et c'est la seule chose que nous pensions pouvoir éviter puisque tous nos amis partaient avant nous.

Du coup, maintenant, on se demande: est-ce que ça vaut la peine? Est-ce que ça vaut la peine d'essayer? Ou devrions nous laisser faire ? Être associable pour un temps, et travailler sur nos rapports de stage?

Le truc, c'est que je ne suis pas sure de pouvoir prendre une décision, donc je suppose que la stratégie que l'on va adopter est une classique: attendre et voir.

samedi 28 mai 2011

J'ai testé pour vous le sandboarding sur dunes péruviennes (et ma première arrestation par la police péruvienne)

Il y a quelques jours, je profitais de ma semaine de vacances à Huanchaco pour regarder le coucher du soleil avec quelques amis sur la plage, quand tout à coup, et je ne sais comment, nous en vîmes à parler de sandboarding. Le sandboarding est une pratique assez courante au Pérou, surtout dans le sud, vers Ica et Huacachina, là où il est le plus probable de trouver du désert et des dunes. Il s'agit, comme l'indique son nom, de se munir d'une planche (qui ressemble à peu de choses prés à une planche de snowboard), et de descendre une dune de sable, debout de préférence. Donc, Bruno, l'un de mes amis péruviens, nous proposa de nous amener sur des dunes proches de Trujillo, un après-midi, et d'essayer le sandboarding. Du coup, aujourd'hui, sur les coups de 13h, nous partons louer des planches, et nous entassons à 7 (4 filles volontaires, et 3 péruviens) dans une voiture direction sandboarding.
En chemin, on s'arrête en plein centre de Trujillo, à la maison familiale de Bruno et Paul, pour changer de voiture, et prendre le pick-up rouge de Paul. Seulement, il se trouve qu'aujourd'hui c'est diner de famille, et que dans l'immense garage (adapté à la taille de la maison...), il y a une bonne dizaine de voitures entassées avant celle de Paul. Du coup, on renonce et repartons dans le break de son ami Martin. 20minutes plus tard, nous arrivons à la lagune autour de laquelle se trouvent les dunes. Le cadre est magnifique : montagne de Trujillo au loin, lac paisible, et dunes de sable. On continue à contourner la lagune avec la voiture, quand on se trouve face à un premier problème: le sable. Martin prend un peu d'élan, et on passe. Mais juste après, c'est l'eau qui nous empêche de continuer. On descend de la voiture, et on enlève nos chaussures, portant les planches sous le bras. Nous irons aux dunes à pied.



Et puis, on arrive en bas de la dune. Elle est immense. Et là, à la différence du snowboard, tu n'as pas de tire-fesse ou de télésiège pour te monter en haut de la pente. Là, tu t'y colles façon veille école, en trainant les pieds, en t'enfonçant dans le sable, en t’essoufflant et en transpirant avant même d'avoir atteint la moitié de la dune. Et puis il y a le vent, qui pousse la planche que tu t’efforces de porter sur le côté. Et puis enfin, on est arrivés en haut. La première chose qui nous fait nous assoir est la fatigue, ok. La deuxième est la vue que nous avions sur tout: la lagune, Trujillo, les montagnes, les champs. Et puis, on regarde la pente devant nous, et là, unanimement chez les filles, nous décidons que c'est beaucoup trop pentu pour une première descente. On décide alors de continuer un peu plus loin dans la dune, pour atteindre un endroit où il sera plus facile de commencer.



On le trouve. Delphine essaie tout d'abord assise. Puis Ayse, courageuse, se lance debout. Bon il faut dire qu'à la base, Ayse est une très bonne snowboardeuse, donc elle connait un peu le système. Les deux arrive en vie, du coup, je me dis que moi aussi je peux le faire à peu près sans risques. Cependant les deux se plaignent du fait que les planches ne sont vraiment pas pratiques. Je chausse et je comprends pourquoi. Sur une planche de snowboard normale, tes pieds sont vraiment attachés à la planche. Or, sur une planche de sandboard, tu as juste un scratch qui se ferme sur le dessus de tes chaussures. Autant dire que ton pied ne reste pas longtemps dans l'attache. Mais peu importe je me lance. Et je ne tombe pas. Bon bien évidemment, je ne part pas tout droit comme une dingue non plus, vous me connaissez. Je prends une petite diagonale, et me laisse glisser. Je ne tombe pas c'est l'important! Et puis Lisa nous rejoint. Enfin Martin se lance, et comme c'est un garçon et qu'il veut aller vite tout de suite, il se ramasse et mange le sable.



L'avantage est que nous ne sommes pas en bas de la dune, et que nous n'avons pas à tout remonter. Nous nous sommes tous arrêtés au départ d'une deuxième dune. Mais avant de repartir, on fait une pause photos de groupe. Et puis rebelote, on continue à descendre, en tentant de prendre un peu plus de vitesse. Après quelques autres descentes, nous sommes tous en bas, et il est déjà l'heure de repartir.
On se fait bouffer par les moustiques sur le chemin vers la voiture. Et de nouveau, les filles s'entassent à l'arrière de la voiture, et Bruno va dans le coffre. Il faut savoir que s'entasser dans une voiture relève de l'ordre du normal au Pérou. Il est commun de voir 7 ou 8 personnes dans le même taxi. Un jour j'ai même vu une petite voiture rouler avec 10 personnes dedans (4 à l'avant, 6 sur la banquette arrière). Du coup, se retrouver à 7 dans un break était presque du confort. Cependant, ce à quoi on avait pas pensé c'est que parmi les 7, on était 4 gringas (le terme "gringo" était originellement réservé aux touristes anglophones ayant beaucoup d'argent; il désigne maintenant au Pérou, toute personne blanche), et que la gringa, ça attire le policier parce que ça peut payer de grosses commissions. Du coup, quand on passe une voiture de police, elle nous demande de s'arrêter. Martin s'effectue. Les deux policiers ne sont pas très amicaux. Nous, pourtant, on tente de leur sourire. On sait jamais, ça pourrait les amadouer. Ils demandent les papiers du véhicule, et le permis de conduire de Martin. Et là, Ô surprise, Martin n'a pas son permis. Il se l'est fait voler la semaine passée. Il a fait déclarer la perte, mais évidemment, il n'a pas le papier de déclaration sur lui. Les garçons tentent de négocier, mais les policiers ne veulent rien entendre. On doit les suivre au poste de police. On roule 10 minutes et on arrive. Ils nous font vider la voiture, et Martin rentre dans le commissariat avec eux. Nous, on reste autour, sur la place du quartier, et on sent bizarrement tous les yeux sur nous. Les enfants viennent et restent autour à nous regarder. Il faut dire que ce quartier ne doit pas être le plus fréquenté par les touristes, et qu'on doit être les premières vraies blanches vues par ces personnes. On attend. Ca dure plutôt longtemps. Et puis Martin ressort, blasé. Ils ne veulent pas qu'il reprenne la voiture. Il doit rentrer chez lui, et aller chercher le document, et revenir. Nous, on se sent tous un peu mal pour lui.. Du coup, on s'entasse cette fois dans un taxi, direction Trujillo, puis direction Huanchaco.
Il fait déjà nuit quand nous arrivons. On a 2h pour manger et se remettre de ces aventures, car ce soir, on sort. Ce soir, Paul a réussi à nous mettre sur une liste VIP du plus grand et cher club de Trujillo. Ce soir, on va à Ama.



La suite au prochain épisode...

lundi 2 mai 2011

Feu de bois et douleurs péruviennes

Ce week-end, avec mes colocs, on décide de s'échapper un petit peu de Huanchaco. On part à Pacasmayo, petit village de pêcheurs à 2h de Trujillo. On quitte Huanchaco un peu tard, ce qui nous fait arriver de nuit dans cette ville inconnue. Peu importe, ce soir, on a prévu de faire un feu sur la plage, et d'y dormir. Il ne fait pas froid et le ciel est dégagé, c'est parfait pour une nuit à la belle étoile. On se débrouille pour acheter du charbon. On trouve quelques trucs qui ressemblent à du bois en se promenant dans la ville, et on se dirige vers la plage. Là, Ô surprise, il se trouve que la plage n'est pas couverte de sable, comme ce que nous avions imaginé en pensant à notre parfaite nuit sous les étoiles, mais d'affreuses pierres irrégulières et aiguisées. Dépités, on se dit que peut-être la plage devient sableuse un peu plus loin. On marche dans le noir, et en effet, après 10 minutes, nous atteignons un endroit un peu en pente, couvert de sable. Heureux et rassurés, on s'y installe. L'inclinaison sera parfaite pour dormir. On lance le feu. Il prend peu à peu, mais on réalise vite qu'on va être à court de bois rapidement, et que le feu ne tiendra pas la nuit. On part alors arpenter les rues à la recherche de cageots ou éventuelles buches. Un homme nous offre même l'encadrement d'une fenêtre. On revient au campement. On commence à discuter et à se dire qu'il va falloir faire des rondes pendant la nuit, pour surveiller le feu, mais aussi (et surtout) veiller à ce que personne ne vienne nous voler nos affaires. Le Pérou c'est pas le Club Med.
En effet, peu de temps après, un homme arrive silencieusement vers nous, et d'un coup nous lance qu'il est de la police et qu'il veut voir nos papiers d'identité. Il n'est pas en uniforme. On doute. L'un de mes colocs réagit et lui demande s'il peut nous montrer sa plaque ou quelque chose prouvant qu'il est de la police. Il réagit mal, s'énerve, dit que c'est lui qui pose les questions, et que si on coopère pas, il appelle ses collègues. On calme le jeu, lui montrons nos passeports. Il entame alors tout un discours sur le fait que nous devrions faire très attention, parce que nous sommes des étrangers, et que ce n'est pas l'endroit le plus sur pour nous. On le remercie, lui disons que nous ferons attention. Mais, il ne s'en va pas, traine, insiste. Enfin il décide de partir, pour "continuer sa ronde". Nous, nous sommes définitivement persuadé qu'il n'est pas de la police. On décide quand même de rester. 30 minutes plus tard, il est de retour. Il nous explique qu'il a fini sa ronde, nous demande s'il peut se joindre à nous. On accepte, par politesse dirons nous. Les garçons lui offrent une cigarette. Il commence à parler, et ne s'arrête pas. Je m'endors. Quand les garçons me réveillent quelques heures plus tard parce que c'est mon tour de surveiller, l'homme est endormi près du feu, comme les autres. Nous sommes deux à veiller. Et puis l'homme se réveille. On discute. Non, en fait, non, il parle, et on écoute. Il a beaucoup de choses à dire. Il commence à parler de sa vie, de ce qu'il fait, de sa famille. Il a 4 soeurs, plus jeunes, toutes mariées. Lui est seul. Il n'emploie pas le mot "célibataire" mais "seul". Il apprécie ses beaux-frères, n'hésite pas à leur faire des cadeaux quand il a des sous. Il vit chez ses parents, fait tout pour sa mère. Il aime cuisiner. Il ne comprends pas pourquoi parfois ses soeurs ont des engueulades avec leurs époux, alors qu'elles devraient être heureuses d'avoir quelqu'un avec qui partager leurs vies. Il raconte qu'il a vécu au Chili pendant 2 ans, mais que le Chili ne l'a pas bien traité. Il a failli y mourir quand deux hommes l'ont battu au sang, au point qu'il s'est fait recoudre 32 points de sutures sur le crane. Il raconte qu'il a fait de la prison parce que quand il vivait chez sa tante à Lima, elle l'a accusé d'avoir volé 2000 dollars. Il aimerait que l'on rencontre ses parents, qu'on les apprécierait. Comme il avait un oncle dans la police, il a décidé d'y rentrer aussi. Mais il ne gagne pas beaucoup. Il veut cuisiner du céviché pour nous. Et puis il parle de Dieu. Il ne comprends pas que certains gens ne croient pas en lui. Il pense que Dieu est toujours la, mais on ne le réalise que dans les moments heureux. Il dit que Dieu c'est la clé, c'est ce qui importe, ce qui supporte. Enfin, il parle de sa solitude. Il a plusieurs fois pensé à saisir son arme de travail, à la poser sur sa tempe, et presser la gâchette. Mais il pense à sa mère, et à la peine qu'elle aurait. Alors pour elle, il ne le fait pas. Il nous explique que des parents ne devraient jamais voir leurs enfants mourir. Pour ça, il attendra. Il pleure. Nous, on écoute toujours. Cela fait une heure qu'il parle. On ne sait que dire. Que peut-on dire de toute façon ? Et puis, veut-il vraiment que nous disions quelque chose ? J'en doute. Je pense qu'il veut juste parler, que c'est pour ça qu'il est resté dormir avec nous sur cette plage toute la nuit. Le matin, nous rangeons le campement. Il est toujours là. Nous nous mettons en route. Il nous serre la main, nous dit merci, et part.

Nous on continue.

samedi 23 avril 2011

Le Saviez-vous (2): Il faisait pas bon faire partie de la famille royale quand un roi Chimù mourait.

Chan Chan était la capitale de la civilisation pré-inca Chimù, autour du 11ème siècle. Chaque fois qu'un roi mourait, un nouveau palais était construit pour que le fils puisse régner sur son propre palais. Cependant cette folie des grandeurs et du "on reprend tout à zéro" a aussi institué une autre tradition : dès qu'un roi meurt, tous les habitants du palais (armée, gardes, courtisanes, famille royale, prêtres, etc.) sont sacrifiés aux Dieux, SAUF, le fils qui doit construire son palais ailleurs. Et l'espérance de vie d'un roi à cette époque était pas bien longue.

Le saviez-vous (1): Les chiens péruviens n'ont pas de poils

Il est imberbe, pas très grand, à une crête blonde, et le regard vide. Non, je ne parle pas d'un émo japonais, mais bien du chien péruvien. Petite créature étrange, dont la ressemblance avec le cochon vient surement de son épiderme un peu particulier.




ps: les péruviens, eux, ont des poils :)

mercredi 23 mars 2011

Il y a de la coriandre dans le ceviche.

Il y a quelques mois, je me baladais dans les rues de Bangkok (cool hein?!) avec mon acolyte voyageuse. On entends souvent dire que Bangkok est une ville aux milles couleurs et aux milles odeurs. Jamais cette expression n'a jamais été plus justifiée que lorsque l'on traverse les étalages des marchés de cette mégalopole surpeuplée: épices de toutes sortes, fruits, poissons, odeur de riz qui cuit, et j'en passe. Si le mélange des couleurs est toujours magnifique, les odeurs, elles, peuvent changer d'un étal à l'autre et finir par provoquer un haut le cœur à nous pauvres occidentaux habitués à vivre dans une société aseptisée. Justement, alors que je me baladait dans ses marchés depuis quelques jours, à de nombreuses reprises une odeur particulière envahissait mon nez et me donnait presque envie de vomir. Chloé, elle, ne sentait rien de particulier, aucune odeur qui aurait pu la déranger outre mesure. Elle regardait avec étonnement le dégout qui transparaissait sur mon visage.
Et puis, est venu le jour où nous avons choisi de gouter au Pad Thai, l'un des plats traditionnels de la Thailande, et surement l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur. Il faut dire que ce pays regorge de plats tous aussi délicieux les uns que les autres, et la 'street food' devient rapidement un réflexe, meilleur ennemi de notre ligne tant les tentations sont nombreuses. Quoiqu'il en soit, à la première bouchée de Pad Thai, et avant même que la nourriture atteigne mon palais, cette odeur qui me déplaisait tant avait déjà envahit mon nez. Avec surprise je regardais alors ce que supportaient mes baguettes (Oui, je sais maintenant manger avec des baguettes, et je dois dire que je suis assez fière parce que je reviens de loin – des années et des années d'handicap profond dans tous les restos asiatiques, ca traumatise!). Oh surprise, mon assiette était parsemée de ce qui ressemblée à une herbe verte, une épice je supposais. Dégoutée, et à la fois excitée d'avoir enfin pu découvrir la source de mes hauts le cœur, je m'adressais alors calmement à Chloé « Bordel mais c'est cette merde qui sent si fort!! ». Elle m'expliquait alors que ce truc dégueulasse est tout simplement connu sous le nom de « coriandre ». Depuis je sais que la coriandre et moi, on ne fait pas bon ménage.

Mais alors vous me direz quel est le rapport entre le "pad thai" de Bangkok et ma petite vie péruvienne. En fait, le lien est simple. Le Pérou, comme la Thailande, est connu pour être un fief culinaire. On pourrait alors dire que le « ceviche » (poisson cuit dans une marinade de citron) est au Pérou ce que le « pad thai »  est à la Thailande, le plat traditionnel le plus connu, et donc celui trouvable dans n'importe quel resto. Arrive mon premier jour au Pérou. Je participe au déjeuner hebdomadaire des volontaires de l'ONG dans un resto. Bien entendu, je me dis 'Tiens, si tu goutais le fameux ceviche! ». On m'apporte le plat. Ca a l'air bon. Mais c'est bien connu, l'habit ne fait pas le moine. Je met la fourchette à la bouche, grimace. Et merde. Il y a de la coriandre dans le « ceviche ». Echec.


La coriandre (Coriandrum sativum) est une plante herbacée annuelle de la famille des Apiacées (Ombellifères). Ses feuilles, ses fruits et ses racines sont utilisés en cuisine, surtout en Asie, en Amérique latine et dans la cuisine méditerranéenne. Wikipédia.

samedi 12 mars 2011

Charmes péruviens, ou comment mon premier jour de stage s'est transformé en alerte Tsunami




Nous sommes vendredi 11 Mars 2011. Je suis arrivée la veille au Pérou et j'émerge tranquillement de mon léger sommeil toujours chargé de décalage horaire. Il est 7h du matin et j'ai les yeux grand ouverts. J'attrape mon PC, bien consciente de la chance que j'ai d'avoir le wifi dans une ville péruvienne de moins de 7000 habitants. Automatiquement, je me connecte à Facebook. Il est presque de mon devoir de faire savoir à mes amis et famille que je suis en vie, et que mieux que ça, j'adore la ville et mes colocs sont cools! A peine en ligne, Sarah F vient me parler, me demande si je vais bien, et sans même attendre ma réponse, me demande si je vais à la plage aujourd'hui. Pour provoquer sa jalousie, et me la péter un peu sur le fait que je vis à 500m d'une plage envahie de surfeurs, je réponds fièrement que bien sur je vais aller me faire dorer la pilule aujourd'hui et qu'il serait même un sacrilège de ne point y aller vu la température ambiante. Un quart de seconde après un gros 'Nooooon' apparaît sur mon écran, rapidement suivi d'un « Il y a un tsunami qui vient de frapper le Japon et qui va toucher toutes les côtes du Pacifique, et donc le Pérou ». Connaissant l'humour de Sarah F. et intuitant le fait que sa jalousie doit la ronger, elle qui est dans le froid de l'hiver français, ma réponse de se fait pas attendre : « ahahahaha , c'est cela oui!». A cela un « Bordel mais t'as pas les infos dans ton bled » me revient droit dans la figure. La, dans ma tête, il y a comme un bouton rouge qui s'allume: Et merde. Je google les mots « tsunami + Japon », et une liste de gros titres de journaux européens envahie ma page. Re merde. Je me renseigne un peu. Bon que faire? Je descend dans la cuisine. Une de mes colocs est levée. Je lui raconte le truc. Elle hallucine, et puis me lance « welcome to Peru! » avec un grand sourire. J'avoue que celle-là, je l'avais pas vu venir. Peu à peu, toute la maison se réveille et l'info circule, dans la maison. Le reste de la ville ne semble pas vraiment agité, et à vrai dire, je ne suis pas particulièrement étonnée! On discute un peu, et puis on se dit qu'après tout, le Pérou ne devrait être touché qu'en début de soirée, donc nous vaquons tous à nos activités respectives. Mon stage est sensé commencer cette aprem. A midi, j'ai rendez-vous avec la directrice d'une des écoles dans laquelle je vais « enseigner » l'anglais. Nous nous y rendons avec mon maitre de stage, et curieusement, il n'y a aucun enfant dans l'école. Nous apprenons qu'ils ont tous été renvoyés chez eux, pour cause de tsunami, tiens donc, quelle surprise! Je conclus donc que oui, les gens sont au courant ici! Après une heure de discussion et de mise en contexte sur l'école, je rentre à la maison. J'ai quelques heures avant d'aller avec d'autres volontaires vers la deuxième partie de mon volontariat : faire de l'animation avec des gamins. J'en profite pour zoner sur internet, parler à deux ou trois amis, et réaliser que, alors que l'Equateur et le Chili, nos voisins sur le Pacifique, ont déjà fait évacuer leurs côtes, le Pérou se tourne les pousses. Tout va bien, je vais bien! Nous partons avec d'autres volontaires vers la rampe de skate quand nous croisons un autre des volontaires. Il nous apprend alors que le Pérou vient enfin de lancer une alerte « préventive » de Tsunami (mieux vaut tard que jamais, peut-être avaient-ils des doutes),et que la ville fait évacuer les 3 premiers blocs les plus près de la plage. Il nous dit aussi que le plan pour ce soir est que nous nous retrouvions tous à l'Eglise de Huanchaco, située sur les hauteurs de la ville. Ma maison se trouve au bloc 7, et ne court donc à priori aucun risques. Nous commençons à nous avancer vers la rampe de skate où nous devons trouver les petits, à 30minutes de marche. Il est déjà 16h30. L'impact du tsunami est prévu pour 19h. Nous devons retrouver les autres à 18h. En montant, nous passons par l'Eglise, déjà assaillie de monde. Là, un responsable de la police locale nous informe que la vague pourrait en fait être de 2metres plus haute que les vagues habituelles, et déferler à plus de 50km/h. Réalisant qu'il est inutile d'aller voir les gamins, puisqu'il se fait tard, et que nombre d'entre eux ne pointeront pas le bout de leur nez vu les circonstances, nous renonçons, et préférons retourner à la maison mettre nos objets de valeur en hauteur. Ma coloc du rez-de-chaussée vient mettre ses affaires dans ma chambre du 1er étage, et vers 17h30, nous nous dirigeons vers l'Eglise, en nous arrêtant acheter des crackers, parce que la nuit va peut-être être longue...



En arrivant en haut, nous peinons à trouver une place assise tant il y a de monde. Il faut dire que nous sommes nombreux. Nous avons les crackers, d'autres ont la bière. Nous décidons qu'après tout, nous pourrions faire un « tsunami pic-nic ». Alors oui bien sur, cela peut être considéré comme un acte horrible. En effet, nous sommes tous un peu excité par l'évènement. Un tsunami, ce n'est (à priori) qu'une fois dans sa vie. Nous nous sentons un peu mal de réagir comme ça, alors que ça a couté la vie à des milliers de personnes, et que nous sommes presque à faire la fête, armés de nos appareils photo. Plus le temps passe, plus l'on nous annonce que l'heure d'impact se décale. Finalement, la nuit tombe. Il est désormais impossible de distinguer l'eau de la nuit noire sans lune de Huanchaco. Nous commençons à trouver le temps long et à penser qu'au final, rien ne se passera. Vers 20h, on nous annonce qu'il y aura 6 à 8 vagues: la première d'ici quelques minutes, et les autres espacées d'une demi-heure environ. Nous ne voyons rien du tout. Vers 20h30, on nous annonce cette fois qu'il n'y aura que 3 vagues. A 21h, nous pouvons redescendre, apparemment hors de danger, le tsunami est passé, pour le coup inaperçu. Je dois dire que nos sentiments sont partagés. Il y a beaucoup de soulagement mais aussi un peu de déception de ne pas avoir vu et vécu LA vague comme dans le dernier Clint Eastwood! Affamés, nous descendons manger un burger péruvien. Mais alors qu'on sort du resto, nous voyons des gens courir dans la rue, criant « hay agua, hay agua!! ». Nous nous surprenons alors à sprinter en se tenant la main pour (re)monter à l'Eglise. Arrivés en haut, essoufflés,nous trouvons des gens pleurant, passant des coups de fil à droite à gauche. D'autres portent leur grand-père en fauteuil roulant en haut des marches. 15 minutes après, on apprend qu'il s'agissait d'une fausse alerte. Mais voilà, nous avons vécu un moment ensemble, et nous en venons même à conclure que « Well, tsunami brings people together, more than Nokia ».
Il est 23h30, on rentre à la maison, on se change, on se refait une beauté. Cela ne va pas nous empêcher de sortir! Au bout d'une heure de vagabondage dans les rues, on se rend compte qu'en fait si, le tsunami va nous empêcher de sortir: tout est fermé. On marche alors le long de la promenade qui longe la plage. Il y a énormément de locaux. On s'approche, et un gars nous dit que le tsunami arrive en fait maintenant, au du moins, que la 3ème vague est en approche. En moins de 5 minutes les vagues ont envahit la plage, qui n'existe plus, et la promenade s'est faite arroser. Nous, nous avons couru dans la rue un peu plus haut, et regardons notre premier tsunami les yeux grand ouverts. Et puis, soudainement, la mer recule. Elle recule énormément. Les péruviens la suivent, vont ramasser certains des déchets que la mer à fait remonter sur la plage. Un type nous apprend que la 4ème vague, dans une heure environ, sera la plus grosse. Nous, on n'est pas rassurées. On préfère rentrer.
Le lendemain, au réveil, la ville est étrangement calme. On va se balader sur la promenade. Tout est humide autour, et il y a des flaques dans la rue. Les premières maisons ont leurs portes ouvertes, et quelques terrasses sèchent. Il est midi, nous nous asseyons sur la plage, sale. Au bout d'une heure, la police nous demande de quitter la plage. Il y a une vague qui vient. A nouveau la plage disparaît sous l'eau. L'alerte « préventive » est en cours jusqu'à ce soir.
Bienvenue au Pérou!